Le poids de la grâce

L'erreur : chercher des justifications parce qu'on voudrait tant se faire comprendre.

La beauté se laisse saisir seule.

Pour la créer : fouiller, polir.

Elle est si souvent dans le creux, dans le creuset. Comme un liquide précieux au fond d'un bol en bois, de l'or fondu dans un récipient rustique.

Je la rêve apparaissant par hasard, délestée de toute volonté.

C'est pour cela que j'apprécie tant l'improvisation, parce que chaque trouvaille ressemble à une pépite tant elle était inespérée et parce que tous les "acteurs" ont participé à sa naissance. Mais ce joyau brut a besoin d'être façonné et pour cela que de sueurs versées! Il faudrait devenir la marionnette de Kleist, accomplir une révolution intérieure, faire le tour du monde pour retrouver cet état de grâce...avec sa pesanteur.

Peut-on espérer qu'au bout du compte le rocher de Sisyphe finira pas n'être plus qu'une bille?