Les cheveux d'Apollon

Récital de luth Renaissance

 

Subtle as Sphinx, as sweet and musical 

As bright Apollo's lute, strung with his hair. 

And when Love speaks, the voice of all the gods 

Make heaven drowsy with the harmony. 

 

Ces quelques vers extraits de Peines d'amour perdues (W. Shakespeare – 1598), évoquent ce luth qui, pour servir l'amour, emploie les cheveux d'Apollon en guise de cordes. Cela nous rappelle que, plus que tout autre instrument au 16ème siècle, le luth est l'instrument du désir amoureux. Mais cette métaphore convoque également cette pensée incontournable de la Renaissance, liée à la lumière d'Apollon : l'Humanisme. 

Le luth est le sismographe des sentiments et pensées de l'homme de la Renaissance, un homme qui se redéfinit de telle manière que les historiens y voient la naissance de l'homme moderne. Le luth permet alors, plus que tout autre instrument de ce temps, d'explorer le devenir de la musique tel qu'il est lié à cette profonde transformation. 

Propulsé au devant de la scène, le luth est accompagné pour cela par la toute récente invention de l'imprimerie musicale (par Petrucci en 1500) et par l'utilisation intense de la tablature - mode de notation économique s'il en est. Il est célébré par les poètes dans toute l'Europe, les compositeurs l'emploient afin d'affiner leurs œuvres, les peintres admirent ses proportions et le font témoin muet de la jeunesse et de l'amour. 

Pour aborder son vaste territoire musical, j'ai choisi quelques auteurs jalonnant cette époque faste et en montrant toute la diversité. De Dalza à Dowland, en passant par Francesco da Milano ou Guillaume Morlaye, ce programme vous propose de rencontrer un miroir sonore de ce siècle. 

Miguel Henry